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Étiquette : mythe du cinéma

  • Et Dieu créa la femme : Brigitte Bardot, l’âge d’or de la liberté

    Et Dieu créa la femme : Brigitte Bardot, l’âge d’or de la liberté

    Et Dieu créa la femme, et sous les traits de Brigitte Bardot, la liberté prit visage.

    «Ma vie n’a pas été un long fleuve tranquille, mais j’ai eu la force de vaincre. Je suis née libre et je mourrai libre. »

    Cette phrase de Brigitte Bardot résume à elle seule ce qu’elle a été : une femme indomptable, une icône française, un mythe vivant qui a traversé le XXᵉ siècle, laissant une empreinte que rien ne pourra effacer. Plus qu’une actrice, Brigitte Bardot fut un bouleversement, une onde de choc culturelle, sociale, esthétique et morale.

    Une liberté née à contre-courant

    Rien ne prédestinait vraiment Brigitte Bardot à devenir ce qu’elle fut. Adolescente, elle se trouvait même laide. Un paradoxe saisissant pour celle qui, plus tard, porta aux yeux du monde entier ce visage sublime caractérisant une beauté suprême. Née en 1934, elle n’a que 13 ans quand, en 1947, elle est reçue au Conservatoire de danse de Paris. Son visage apparaît bientôt en couverture de nombreux magazines de mode : la mécanique est lancée. À 18 ans, elle épouse Roger Vadim, réalisateur alors prometteur mais sans le sou, qui croit en elle quand peu encore parient sur son avenir cinématographique.

    Dans le cinéma français des années 1950, Bardot n’est pas immédiatement reconnue comme une « grande actrice ». On la prend pour la « starlette » qui dérange. Trop libre, trop naturelle, trop sensuelle. Mais c’est précisément cette singularité qui va faire d’elle une révolution.

    La déflagration Bardot

    En 1956, Et Dieu… créa la femme explose sur les écrans. Le film de Vadim fait scandale autant qu’il fascine. Bardot devient BB. Le sex-symbol par excellence. Mais réduire Brigitte Bardot à son physique serait passer à côté de l’essentiel. Elle ne joue pas la femme libre : elle l’est. Elle ne compose pas une sensualité : elle la vit.

    Dans une France encore corsetée par le conservatisme, BB arrive pieds nus sur le sable de Saint-Tropez, cheveux lâchés, robe vichy, marinière, pantalon corsaire. Elle porte des jeans avant tout le monde et ose la nudité. Elle chante des textes sensuels, presque sexuels — « je vais, je viens, entre tes reins » — sans jamais demander pardon. Elle choisit de divorcer, de vivre ses amours librement, de s’affranchir du regard moral que certains portaient.

    Elle bouleverse la représentation du corps féminin. Plus que Mai 68, elle participe à l’émancipation des femmes. Elle impose une beauté moderne, naturelle non retouchée, une indépendance financière vis-à-vis des hommes, une manière d’être qui fait voler en éclats tous les carcans.

    Une actrice reconnue

    Il faudra attendre les années 1960 pour que Bardot soit pleinement reconnue comme actrice. La Vérité de Henri-Georges Clouzot marque un tournant. Sur le tournage, le réalisateur a la réputation de violenter ses actrices ; Brigitte Bardot est la seule à oser lui rendre la pareille. Le geste est révélateur : BB ne subit pas. Jamais.

    Avec Jean-Luc Godard dans Le Mépris en 1963, elle prouve qu’elle peut être sublime et tragique. De Vadim à Godard, en une décennie à peine, elle marque durablement le cinéma français. À Cannes, elle déchaîne les foules. Plus encore que l’un de ses grands amis, Alain Delon — et il fallait le faire.

    Et pourtant, en 1973, à moins de quarante ans, Brigitte Bardot décide de se retirer, définitivement. Elle quitte le grand écran du cinéma sans regret, fidèle à elle-même : libre jusqu’au bout, indifférente aux succès comme aux échecs, refusant toute compromission.

    Une icône populaire à l’international

    Blonde platine dont chaque Français est tombé amoureux, Bardot devient une icône générationnelle, l’égérie d’une certaine idée de la France dans le monde. Des générations de femmes se prénomment comme elle, se coiffent et s’habillent à son image. En 1970, elle est la première à prêter ses traits et son buste à Marianne, haute figure de la République.

    Femme de cœur et de convictions, patriote assumée, parfois excessive, souvent provocatrice, elle entretient une relation passionnelle avec les Français. Elle ne cherche pas à plaire mais dit ce qu’elle pense. Gainsbourg, Sacha Distel, Gilbert Bécaud, Sean Connery, Jean-Louis Trintignant… ses amours sont à l’image de sa vie : intenses, passionnées, sans compromis.

    Comme Alain Delon, avec qui elle partage ce refus du repentir, elle ne regrette rien. « Cette vie dont je ne regrette rien », dit-elle. Une époque révolue, celle d’un cinéma peuplé de monstres sacrés, dont il ne reste aujourd’hui que quelques figures tutélaires.

    Le combat comme dernière scène

    Brigitte Bardot n’a jamais cessé de mener des combats qui lui tenaient à cœur. En 1986, elle fonde la Fondation Brigitte Bardot, reconnue d’utilité publique, pour la défense des animaux. Ce combat devient sa seconde vie.

    « Les animaux, ça reste la plus belle histoire d’amour de ma vie. (…) J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Je donne ma sagesse, mon expérience, et le meilleur de moi-même aux animaux. »

    BB ou l’éternelle quête de liberté

    Brigitte Bardot a accepté la vieillesse comme elle a vécu sa jeunesse : sans tricher. Elle n’a jamais refait ses rides, n’a pas cherché à les cacher. Elle appartenait à une époque de vérité plus que de paraître. Une époque où l’on vivait avant de se montrer.

    Icône française allant bien au-delà du cinéma, Brigitte Bardot a incarné un âge d’or : celui de la liberté et de l’audace. Une femme qui choisissait sa vie, ses amours, ses combats. Une femme qui refusait d’entrer dans des cases ou prenait un malin plaisir à en sortir.

    Et Dieu créa la femme, et sous les traits de Brigitte Bardot, la liberté prit visage.